Évolution du référencement des revues françaises dans le DOAJ

Au 27 février 2026, la France recense 414 revues scientifiques en libre accès référencées dans le Directory of Open Access Journals (DOAJ).

Leur référencement s'est effectué selon une dynamique non linéaire, caractérisée par une concentration autour de quelques plateformes de diffusion principales, une prédominance de revues sans frais de publication (modèle diamant), et un profil linguistique majoritairement francophone, bien que fréquemment ouvert au multilinguisme.

Les visualisations présentées ci-après permettent de cartographier en temps réel ces revues.

Variation annuelle des ajouts des revues françaises dans le DOAJ au 27 février 2026

Ce graphique montre la variation annuelle des revues françaises actuellement référencées dans le DOAJ.

Il met d’abord en évidence le rythme réel des entrées dans le DOAJ, avec des années de forte intensité (pics) suivies de phases plus calmes, ce qui suggère des vagues d’adhésion et/ou des effets de structuration tels que les dispositifs d’accompagnement, à l'instar du projet Mir@bel2022, du dynamisme des plateformes de diffusion, ou encore des politiques éditoriales des structures éditrices. Cette lecture aide à formuler des hypothèses sur les moments où l’écosystème français du libre accès s’est le plus activement aligné sur les exigences de référencement, avec toutefois un point de vigilance sur le décalage qui peut exister entre l'année initiale de candidature et celle du référencement dans le DOAJ.

Arrivée des revues françaises dans le DOAJ

Cette visualisation met en regard le référencement des revues identifiées comme françaises dans le DOAJ (en rouge) et dans Mir@bel (en bleu), à partir des données de la grappe Mir@bel "Les revues françaises référencées dans le DOAJ".

Les divergences observées entre les comptages du DOAJ et ceux de Mir@bel s'expliquent d'une part par les différences de critères utilisés pour déterminer la nationalité d'une revue et, par extension, celle de son éditeur. Dans Mir@bel, une revue est qualifiée de française dès lors qu'au moins une structure participant à son édition est domiciliée en France. D'autre part, le DOAJ compte des titres référencés, alors que les données utilisées dans ce corpus se basent sur les revues.

Modèle économique et frais de publication

Revues françaises dans le DOAJ : avec ou sans frais de publication

Répartition du montant des APC des revues avec frais de publication

La prédominance des modèles sans frais de publication (ou APC, pour Article Processing Charges) distingue nettement le paysage français du modèle avec frais de publication (libre accès doré) qui s'est développé ces dernières années à l'échelle mondiale, et suggère une conception de l'ouverture davantage orientée vers l'accessibilité universelle que vers la monétisation. Ces deux graphiques illustrent cette réalité.

Où sont diffusées les revues ?

Plateformes de diffusion les plus représentées

Structures éditoriales les plus représentées

Le graphique (à gauche) détaille les principales plateformes qui diffusent le texte intégral en libre accès pour ces 414 revues françaises référencées dans le DOAJ. Il permet ainsi d'identifier les principales infrastructures de l'écosystème de l'édition scientifique ouverte en France. Il met en évidence les canaux opérationnels de l'accès ouvert (plateformes académiques, éditeurs commerciaux, archives ouvertes, portails de diffusion).

Le second graphique (à droite) révèle une diversité d'acteurs (éditeurs établis, plateformes et structures universitaires, institutions de recherche) parmi lesquels certains pôles concentrent un nombre significativement plus élevé de revues. Il permet d’introduire une lecture “écosystème” : l’ouverture n’est pas seulement une propriété des revues, c’est aussi le produit de structures éditrices capables d’assurer hébergement, production, diffusion et conformité aux critères du DOAJ.

Langues et thématiques de publication

Répartition des revues selon les politiques linguistiques (mono/multilingue)

Cette visualisation présente les politiques linguistiques adoptées par les revues. Elle permet de caractériser leur orientation éditoriale en termes d'ancrage géographique et disciplinaire. L'examen des langues de publication acceptées révèle plusieurs dimensions : le degré de maintien d'un ancrage francophone, le niveau d'ouverture aux langues internationales de communication scientifique (notamment l'anglais), ainsi que la diversité des stratégies de plurilinguisme adoptées par les revues.

Répartition des revues selon les langues de publication acceptées

Ce graphique présente le nombre de revues qui acceptent des articles dans chaque langue.

Répartition des revues par grandes thématiques (classification Mir@bel)

La répartition par grands domaines disciplinaires sert de plan de lecture alternatif. Elle permet de voir les communautés disciplinaires françaises les plus représentées dans le DOAJ.

À noter que ce graphique se base sur la classification de Mir@bel. Une revue peut par ailleurs figurer dans plusieurs disciplines à la fois.

Visibilité des revues françaises

Présence des revues dans d'autres bases de données

Ce graphique montre dans quels répertoires et bases ces 414 revues référencées dans le DOAJ sont aussi signalées, référencées ou indexées (archive ouverte HAL, Diamond Discovery Hub DDH, Directory of Open Access Scholarly Resources ROAD, OpenAlex, etc.). La visibilité d’une revue dépend en effet d’une présence dans plusieurs services, pas d’un seul.

En conclusion, à l’échelle des pratiques éditoriales, la trajectoire des revues françaises dans le DOAJ peut être lue comme une montée en professionnalisation : formalisation des politiques (licences, éthique, archivage), stabilisation des chaînes de production, et amélioration de la qualité et de l’interopérabilité des métadonnées (identifiants, formats d’échange, informations transparentes sur les conditions de publication). Elle met aussi en évidence un arbitrage durable entre ancrage francophone et stratégies de diffusion internationale. Dans ce cadre, les exigences de visibilité et de découvrabilité deviennent un moteur de standardisation et d’alignement sur des critères partagés, en cohérence avec l’ambition portée par le Plan national pour la Science Ouverte de généraliser la science ouverte en France.